Allez, on y va crescendo. D'abord Valentins'améliore dans le maniement du biberon : OK c'est encore laborieux, mais il y met toute sa volonté... A mon avis dans la news de mars, on y est !
Ensuite, Valentin commence à découvrir de nouveaux plaisirs... A savoir, un peu de sucré ! Il a donc goûté ses premiers boudoirs, et ça marche assez bien : voyez plutôt :
Enfin, la nouvelle du mois : ses premières dents ! Hé oui, parce qu'il y en a déjà deux. J'ai réussià les filmer (le bougre ne les montre pas beaucoup), mais soyez attentifs, c'est fugace ! Vous découvrirez aussi au passage un de ses rares moments de calme.
Quatre mois et demi après ce qui restera un des événements fondateurs de notre famille, il est temps enfin, de coucher sur le papier le récit de la naissance de Valentin. Pourquoi ? A la fois pour partager avec vous ce moment si intense, mais aussi et surtout pour pouvoir nous souvenir de tous ces instants merveilleux, mais aussi parfois difficiles ou émouvants...
Retour plus d'un an en arrière : le 5 janvier 2009. Cela fait quelques mois que nous essayons de fabriquer Valentin (je dis Valentin, parce que dans notre tête, cela fait déjà 10 ans qu'il nous accompagne dans nos rêves... il représentait notre rêve de devenir un jour une famille, et quand nous parlions de Valentin durant toutes ces années, nous évoquions déjà ce fils que nous rêvions d'avoir, mais à travers ce prénom, tous ses frères et sœurs, qui -nous l'espérons- arriverons un jour). Nous revenons d'une semaine de vacances au ski avec des amis, semaine durant laquelle j'avais déjà quelques-uns des symptômes de la grossesse, mais que bizarrement j'avais ignorés. Je me souviens aussi que le soir du nouvel an, alors que chacun des convives énonçait son souhait le plus cher pour 2009, Stéphane et moi avions, d'une même voix, dit, sans nous concerter : "un bébé". Avec ces mots, nous officialisions notre désir le plus cher . Quelques minutes plus tard, aux douze coups de minuit, Stéphane et moi avons même trinqué "A Valentin!", espérant bien le voir pointer le bout de son nez dans l'année.
Quelques jours plus tard, le 5 janvier 2009 au matin donc, jour de reprise du boulot, je descends de mon nuage et m'aperçois que oui, en effet, je devrais peut-être me réveiller et faire un test de grossesse. N'y croyant pas trop, je décide de faire les choses simplement : j'en achète un sur la route du boulot. En arrivant au travail, je me souviens d'un détail amusant : je souhaite une bonne année à une collègue enceinte, et lui dis en riant "Que puis-je te souhaiter pour 2009 ? Hé bien, tiens, un bébé !". Et celle-ci de répondre :" toi aussi" (l'avenir lui donnera raison).
Quelques minutes après, je fais enfin ce test, rapidement, pour éviter toute déception. Et là, le verdict tombe, cette ridicule barre bleue sur un bâton en plastique, ridicule... Mais qui a changé ma vie en l'espace d'une seconde. Je suis rentrée seule dans ces toilettes (oui, je sais, c'est moins glamour raconté avec tous les détails, mais bon, ca fait partie de l'histoire), et j'en ressors avec une responsabilité énorme... Un hippocampe était rentré dans ma vie (hippocampe, son surnom des tous premiers mois, à cause de la forme de l'embryon au départ). Juste après cet épisode, entrée en réunion : on me briefe sur la réponse à un appel d'offre que je dois rédiger dans la journée. Pendant toute la durée de la réunion, face aux deux personnes qui m'expliquaient ce projet, une seule chose résonnait dans ma tête, une phrase que je me répétais chaque seconde pour mieux croire à ce qui m'arrivait "je suis enceinte, je suis enceinte, je suis enceinte"... Bon, je crois que je n'ai pas été très efficace au boulot ce jour là.
Le soir même, j'étais plus qu'impatiente d'annoncer la bonne nouvelle à Stéphane... Mais comment lui dire une chose pareille? J'ai trouvé une idée : avec un livre ! Je suis allée à la FNAC, acheter "le guide des papas débutants", cela me semblait un bon moyen d'éviter de prononcer la phrase qui allait à coup sûr me faire verser une petite larme... Mais voilà, c'était sans compter avec notre planning du soir : Maman et Julien venaient diner à la maison, et avaient, naturellement, envie de prolonger la soirée ! Alors que moi, je ne rêvais que d'une chose : un tête à tête avec Stéphane. Ça a quand même fini par arriver. Stéphane a ouvert son paquet et la suite... Allez, je la garde pour moi.
Après cet épisode, quelques nausées les premiers mois, et puis enfin, l'envie de partager notre beau secret avec tout le monde. Un Alain et une Isabelle enchantés d'accueillir un nouveau petit-enfant dans la famille, un beau cadeau d'anniversaire pour maman, un Papa un peu surpris et qui a eu besoin d'un coup de calva pour faire passer la nouvelle, des oncles et tantes tout émus... Et un ventre qui commence à s'arrondir.
La grossesse se passe, plutôt sereinement, Knacki Ball (hé oui les surnoms évoluent) se porte très très bien : juste sa petite séance de hoquet quotidien, et une énergie à revendre qu'il manifestait en me lançant régulièrement des coups de pied.
L'été arrive, et avec lui, l'arrêt du boulot, ouf, ça commence à peser lourd. Nous ne partons pas loin, histoire de pouvoir rejoindre la maternité au cas où notre Knacki Ball pointerait le bout de son nez en avance.... En avance ? Mais pas du tout ! Valentin reste bien au chaud jusqu'au bout du bout... Que dis-je jusqu'au bout, et même plus ! Bien au chaud, Valentin dépasse carrément le terme prévu. Je dois dire que les dernières semaines sont longues, d'autant plus que je m'étais vraiment imaginé qu'il arriverait en avance...
Le jour du terme, le samedi 12 septembre, je débarque à l'hôpital pour une visite de contrôle. Non, décidément, la sortie n'est pas prévue pour aujourd'hui. On me demande de revenir le lundi pour un nouveau contrôle. Le week end se passe, et j'essaie tout (comme je le fais déjà depuis une semaine) : le rock and roll endiablé avec Stéphane, le nettoyage compulsif de toutes les vitres de l'appartement, escalader les escaliers de Montmarte, faire peur aux gens qui me demandent "c'est pour quand ?" en répondant "hier"... Mais rien n'y fait, Valentin est désespérement accroché.
Le lundi 14 septembre, j'arrive fraîche comme la rosée (mais un peu lasse) pour un nouveau contrôle. Le col est toujours fermé, le monitoring montre que bébé se porte à merveille, la sage femme m'envoie donc faire une écho (pour contrôler le volume de liquide amniotique) et me donne déjà RDV deux jours plus tard pour déclencher l'accouchement. Je me rends donc à l'étage de la salle d'accouchement pour mon écho de contrôle. Là, le médecin me recoit et m'annonce la nouvelle : plus assez de liquide amniotique, il va falloir "me déclencher" dès le lendemain. Je m'assieds quelques instants dans la salle d'attente, et je pense avoir bien choisi mon moment, puisque j'entends les cris (non, comment les définir ? Hurlements ? Vagissements ?) d'une femme en train d'accoucher. "Heu, finalement, je peux pas rester enceinte toute ma vie?" Et non ma cocotte, me dis-je dans ma tête, demain, c'est ton tour.
En rentrant de cette consultation, nous nous organisons avec Stéphane, qui prend sa journée du lendemain. Nous ne sommes toujours pas sûrs de voir naitre le bébé le lendemain, puisqu'on nous annonce que parfois un déclenchement peut prendre des jours. En revanche, le médecin me conseille de venir accompagnée, car dit-il, une déclenchement c'est plutôt douloureux. Yey...!
Le soir du 14 septembre, nous sortons diner (autant se changer les idées) avec Alain, Isabelle, Christophe, Jin et Lou. Et là, ironie du sort, les contractions commencent à être douloureuses, et se rapprochent de plus en plus. A tel point que nous en calculons l'espacement pendant le diner. Mais bon, pour le moment, rien d'insoutenable, et je suis même plutôt ravie car je n'ai pas du tout (mais alors pas du tout) envie d'être déclenchée. Ce que je souhaite, c'est un accouchement le plus naturel possible (bon, je ne cracherais pas sur la péridurale, chacun ses petites contradictions). En sortant du restau, c'est décidé, nous allons à la maternité. Un examen plus tard, la sage femme me renvoie chez moi, et me demande de revenir le lendemain à la première heure. Le travail a commencé, mais très doucement, et ce n'est pas pour cette nuit. La maternité étant surchargée, elle préfère que je passe la nuit chez moi. Bon, nous dirons que ce n'était pas la meilleure nuit de ma vie.
Le lendemain matin, mardi 15 septembre, j'apprends en prenant mon petit dej la mort de Patrick Swayze, mais je n'ai pas trop le temps de m'attrister, car je commence à avoir un peu mal. Je réveille Stéphane et lui demande de m'amener un peu en avance à la maternité.
Nous arrivons et on m'installe directement en salle d'accouchement. Alors, oui, l'hôpital est peut être surchargé, mais je suis très surprise de sauter la case "salle de travail". Stéphane et moi sommes un peu abasourdis d'être enfin là après neuf mois d'attente. Est-ce enfin le jour J ? Dès notre arrivée, on me pose différents appareils pour me surveiller et surveiller le bébé. Et là, une puericultrice arrive et nous demande de sortir les vêtements que nous avons préparés pour le bébé. Stéphane lui tend le petit sac et elle déballe tout, pour les disposer sous une lampe chauffante, afin que Valentin soit réchauffé dès qu'on lui mettra les vêtements. Je me souviens de ce moment suspendu : nous regardions ces vêtements étendus, ces vêtements que nous avions choisi ensemble, qui étaient rangés depuis quelques semaines déjà, et qui allaient enfin - nous l'espérions -accueillir notre enfant.
Le temps passe et la douleur se fait de plus en plus vive. Je me souviens avoir demandé à la sage femme qui pointait le bout de son nez dans la salle "Vous n'allez pas me laisser repartir comme ça ?" (ça fait assez mal, quand même)... Et elle de répondre "Ah non, madame, vous, vous accouchez aujourd'hui !". Je me souviendrai toujours de l'échange de regard entre Stéphane et moi, qui a suivi la prononciation de cette phrase.
A 10h30, enfin ! L'anesthétiste vient me poser la péridurale. Stéphane est gentiment poussé vers la sortie (et appelle nos parents pour leur annoncer l'imminence de la naissance). Et moi, pendant ce temps là, j'affronte seule les deux médecins, un peu effrayée quand même... Finalement plus de peur que de mal (le plus dur ayant été de m'accroupir sur la table, avec un bidon d'éléphant, et une douleur tout de même assez vive).
Quelques minutes plus tard... Un vrai soulagement. La péridurale fait son effet, et je suis toute détendue, discutant tranquillement avec Stéphane, il ne manquait plus que le thé ! Je vous passe le détail de la péridurale mal posée, qui a plus fonctionné d'un côté que de l'autre (bilan : une jambe presque paralysée et une bonne douleur après l'accouchement) Stéphane et moi profitons de ces quelques instants de répit.
Je me souviens à un moment, d'une visite de la sage femme me disant : "bon, dans la salle d'à côté, j'ai une femme qui est en train de commencer l'expulsion -quel joli mot!-, et après, c'est VOUS!" Oups...
Et en effet, elle connait bien son boulot car quelques minutes plus tard, en un éclair, l'ambiance a changé. La douleur est revenue, mais avec une puissance que je ne connaissait pas. Pas étonnant, mon col était presque à ouverture complète et je sentait que Valentin avait largement entamé sa descente. Tout d'un coup, je ne pouvais plus parler, même pas hurler ou gémir... Je me suis complètement renfermée sur moi-même, fermant les yeux pour supporter la douleur. Et là, la sage femme a débarqué avec la puéricultrice, elles ont posé leur masque, et hop ! C'est parti.
Et là, on se retrouve au milieu d'un film qu'on a vu mille fois à la télévision ou au cinéma, sauf que l'acteur... c'est vous ! A ma gauche, Stéphane, dans le rôle du coach, à ma droite la puéricultrice, qui pousse sur mon ventre pour éviter que le bébé ne remonte après chaque poussée (oui, à propos, merci de m'avoir fait bosser deux fois plus, Valentin), un souvenir particulièrement agréable, et face à moi, la sage femme, qui observe la sortie de Valentin et contrôle sa santé. Tout cela au rythme des "Poussez Madame Boullier, Poussez !", qui énervaient un peu Stéphane. J'étais complètement absorbée par le travail, à tel point que pas mal de choses m'ont échappé. Notamment le moment où la SF a paniqué et a facilité - et acceléré- la sortie de Valentin (jetons un voile discret sur cette aventure), qui commençait à avoir un rythme cardique ralenti, puisqu'il avait le cordon autour du cou. Elle a donc dû couper elle-même le cordon.
Et là, j'ai enfin eu l'autorisation d'arrêter tous mes efforts, j'ai senti sa petite tête sortir, son corps suivre le mouvement, et je l'ai enfin vu, tout nu, magnifique, ses deux bras écartés comme pour embrasser le monde. A cet instant, je sais que cela fait mièvre, mais je le dis quand même car c'est bel et bien ce qui se passe : ma vie a changé.
Stéphane était très ému, il a pu suivre de près les premiers tests qui suivent la naissance. Je me souviens d'observer Valentin de loin, et là, ce qui m'a frappé, c'est la ressemblance qu'il avait avec son père. Comment décrire l'émotion d'avoir fabriqué, d'avoir sorti de son propre corps la "copie" de l'homme qu'on aime.... ?
Quelques minutes après, on pose Valentin près de moi pour le moment magique de la première tétée. Je sens son petit corps, nu (pour mieux se réchauffer) contre moi, je l'observe sans me lasser, découvre tous les détails de sa tête, les petits bruits de la tétée.
Ça y est nous sommes une famille, nous avons un petit garçon, il s'appelle Valentin, il est en bonne santé, contre moi, au chaud. Mon monde d'avant s'est écroulé, et se reconstruit autour de ceux qui désormais sont toute ma vie : Stéphane et Valentin.
Bienvenue Valentin, et merci Stéphane pour ce merveilleux cadeau.
Une dépêche qui date de notre dernier RDV chez le médecin, qui certifie que ... Valentin a bel et bien les yeux bleus, et ce, pour la vie !!
Alors, à qui on dit merci ? A Zablue et à Grand-père, grâce à qui notre zèbre a récupéré deux allèles bleus....
Enfin, restons prudents, cette info est à vérifier dans quelques mois, et si ses yeux sont toujours bleus, CHAMPAGNE... Car il n'y a que 25% de chances, avec deux parents aux yeux verts (bon, ok, noisette) que Valentin garde ses yeux bleus. Donc on trinquera à ce gigantesque coup de bol.
Quatre mois et demi après le pointage de bout de nez de notre Valentin préféré, c'est le moment du bilan !! Fraîchement revenus d'une consultation chez son médecin, je peux vous dire que Monsieur : - mesure 65,5 cm (hé oui, nous allons bientôt commencer la taille 12 mois...) - pèse 7,860 kg (il mange très bien à la cantine, oui !) - et, last but not least... a déjà deux quenottes !!
Très prochainement, RDV ici même pour découvrir ces quenottes en vidéo ! Et, en bonus, plusieurs vidéos, avec pêle-mêle : Valentin qui danse avec sa maman préférée, Valentin qui parle avec ses lapins, Valentin adoooooore les boudoirs et enfin, les essais de Valentin pour tenir son bib' (hé ouais, on n'est jamais mieux servi que par soi-même !)...
Bref tout plein d'aventures pour notre loulou, qui, demeure... LE BEBE LE PLUS SYMPA DU MONDE !!!